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JJV 2026 cheminée Gaudi

Retour en Aveyron avec l’expo « Achromatopsie » à Bozouls

By Expositions
JJV /Cathédrale Ste Croix / Orléans / Acrylique sur papier / 100 x 70 cm / 2026

© Crédit photo JJV

JJV 2026 cheminée Gaudi

© Crédit photo JJV

Avec Achromatopsie, Jean-Jacques Valencak invite le visiteur à redécouvrir l’architecture à travers le noir, la lumière et la matière. Une exposition où l’absence de couleur révèle l’essentiel.

Une exposition qui invite à ralentir le regard et à redécouvrir l'architecture sous un angle inédit.

Nous identifions spontanément les lieux par leurs couleurs. Une façade de brique, un béton brut, une pierre dorée, un ciel bleu. Avec Achromatopsie, Jean-Jacques Valencak fait disparaître ces repères pour déplacer notre regard vers ce qui demeure : les lignes, les volumes, les textures et la lumière.

Privées de leur identité chromatique, les architectures semblent suspendues hors du temps. Cathédrales, bâtiments brutalistes, ruines contemporaines ou ouvrages d’ingénierie se répondent dans un même langage graphique, où chaque contraste révèle une matière, chaque lavis suggère une profondeur, chaque coulure accompagne la construction de l’image plutôt qu’elle ne la perturbe.

La couleur s’efface, mais le regard gagne en intensité. L’œuvre ne cherche plus à reproduire fidèlement un bâtiment ; elle en révèle la présence, la mémoire et parfois même les blessures. L’architecture cesse d’être un décor pour devenir une expérience sensible.

À travers Achromatopsie, Jean-Jacques Valencak propose moins une série de représentations qu’une manière d’apprendre à regarder autrement. Car certaines architectures racontent davantage lorsqu’elles renoncent à la couleur.

Mon travail sera visible à Bozouls du 04/07 au 29/07/2026, mais aussi sur mon site et sur Instagram.

Quand l'absence de couleur révèle l'essentiel

L'achromatopsie est un trouble rare de la vision dans lequel les couleurs disparaissent presque totalement. Le monde est alors perçu essentiellement en noir, blanc et nuances de gris. Cette altération de la perception, loin d'appauvrir le regard, conduit souvent à une attention accrue portée aux contrastes, aux volumes, aux matières et à la lumière.

Sans prétendre reproduire cette expérience visuelle, Achromatopsie, la nouvelle exposition de Jean-Jacques Valencak (JJV), propose une réflexion voisine. En faisant volontairement disparaître la couleur, l'artiste invite le visiteur à regarder l'architecture autrement, dans ce qu'elle a de plus fondamental.

Le béton, la pierre, l'acier ou le verre ne sont plus définis par leur teinte, mais par leur texture, leur poids visuel et la manière dont ils captent ou absorbent la lumière. Les bâtiments deviennent des masses, des rythmes, des lignes de fuite. L'œil cesse d'être attiré par la couleur pour se concentrer sur la composition même de l'espace.

L'exposition rassemble plus de trente œuvres originales consacrées à des architectures religieuses, industrielles et contemporaines : cathédrales, bâtiments brutalistes, ruines, paysages urbains, cheminées, ou encore l'Aérotrain de Jean Bertin. Certaines célèbrent un patrimoine encore vivant, d'autres témoignent de constructions transformées, abandonnées ou disparues. Toutes interrogent notre rapport au temps, à la mémoire et à l'empreinte laissée par l'homme dans le paysage.

Chez JJV, l'architecture n'est jamais un simple sujet documentaire. Elle devient une matière à raconter. Les lavis, les contrastes et les coulures ne cherchent pas seulement à représenter un édifice : ils révèlent son histoire, son silence, sa monumentalité ou sa fragilité. Le noir n'est pas une absence de couleur ; il devient un langage à part entière.

En empruntant le terme Achromatopsie, Jean-Jacques Valencak ne parle pas d'une pathologie.
Il propose une expérience de perception. Une invitation à suspendre, le temps d'une visite, notre dépendance à la couleur pour redécouvrir ce qui constitue l'essence même de l'architecture : ses proportions, sa matière, sa lumière et la mémoire qu'elle porte.

À une époque où les images rivalisent de saturation et d'effets, Achromatopsie fait le choix inverse. Celui de l'épure. Celui d'un regard plus lent, plus attentif.

Car parfois, retirer la couleur ne retire rien. Au contraire, cela permet enfin de voir.

Astrid Aïchour, Communication, développement & médiation artistique
JJV-2026- Aerotrain#2-Jean-Bertin-Acrylique sur papier

Expo »Hétérotopies cémentiques » prochainement à Orléans

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Escalier A / Acrylique sur papier / 100 x 70 cm / 2026

© Crédit photo JJV

JJV-2025-Tarass-Schevchenko-University-Acrilyque-sur-papier-50-x-70 -Exposition Hétérotopies cémentiques

© Crédit photo JJV

L’exposition Hétérotopies cémentiques de JJV est présentée à la Maison de l’Architecture et des Paysages Centre-Val de Loire du 29 avril au 29 juin 2026.

Avec Hétérotopies cémentiques, JJV poursuit son exploration de la peinture comme matière vivante, entre gravité, hasard et architecture contemporaine.

Inspirée par le concept d’hétérotopie développé par Michel Foucault, l’exposition Hétérotopies cémentiques interroge ces « lieux autres » inscrits dans le réel mais porteurs d’utopie. Ici, l’architecture devient territoire mental. Les bâtiments représentés ne sont pas documentaires : ils sont déplacés, transformés, traversés par la matière.

Réalisées d’après photographies, les œuvres sont peintes à l’acrylique noire sur papier, en lavis verticaux. Le liquide est laissé libre. Gravité et capillarité dictent le rythme. Les coulures accidentelles modifient la perspective, échappent au contrôle et révèlent une autre dimension du motif.

Ce qui échappe à la volonté : tache, empreinte, effacement, devient la matière même de l’image. La peinture agit comme un révélateur. Elle altère la structure architecturale, la fragilise parfois, la densifie ailleurs. Entre rigueur constructive et imprévu, l’image s’installe dans une tension constante.

Le béton, élément central de l’architecture moderniste et brutaliste, devient surface de mémoire. Les masses, les lignes, les volumes apparaissent sans présence humaine, laissant au regardeur la possibilité d’habiter ces espaces.

Un focus particulier est consacré à l’Aérotrain, figure emblématique d’une utopie technologique des années 1960 et repère architectural du territoire ligérien. À travers lui, l’exposition interroge la persistance des rêves modernes et leur inscription dans le paysage.

Présentée prochainement à la Maison de l’Architecture et des Paysages Centre-Val de Loire, Hétérotopies cémentiques affirme le dialogue entre peinture et architecture, entre matière et mémoire.

Mon travail sera visible du 29/04 au 29/06/2026, mais aussi sur mon site et sur Instagram.

La notion d’hétérotopie vient du grec ancien ετεροτοπία (heterotopía), composé de ἕτερος (héteros, « autre ») et de τόπος (topos, « endroit, lieu »), littéralement « lieu autre ». Le terme est attesté dès 1855 dans la littérature médicale française et a été repris par le philosophe français Michel Foucault en 1967. Cimetière, salle de cinéma, jardin, maison close et prison sont tous, sous le regard de Foucault, des « hétérotopies », ou « utopies localisées » : des utopies incarnées dans l’espace et dans le temps.

Dans ce sens, c’est plutôt ἕτερος qui semble guider Jean-Jacques Valencak dans la transposition de ce concept en une poétique picturale. Il prend pour sujet des bâtiments ou des ouvrages d’art de la deuxième moitié du XXe siècle ou contemporains. Ce sont des édifices « autres » — architectures abandonnées, en ruine, ou issues des années 1960 ou 1970 — qui, en raison de leur apparence en béton brut, sans traitement d’ennoblissement de façade, appartiennent à une tendance appelée « brutaliste ».

Le regard que l’artiste pose sur ces œuvres bâties les « déplace » dans un « espace autre ». Certes, le motif, le volume et la structure de l’œuvre sont fidèlement repris, mais c’est à travers l’expression picturale que l’artiste interprète leur caractère intrinsèquement « autre », comme venant d’une réalité détachée de l’existant immédiat.

Sur un fond blanc, neutre, presque immaculé, ne permettant aucun ancrage stable, est peint l’objet bâti dans des tonalités grisâtres et noirâtres, soulignant leurs textures inégales, granulées ou rugueuses. La peinture y est utilisée dans sa capacité à être à la fois matière solide et fluide. Par le fait que Jean-Jacques Valencak fait couler la peinture en longues traînées irrégulières sur toute la surface du tableau, il y intègre un moment « autre » qui réactualise la réalité immédiate de l’état de l’œuvre à travers l’espace pictural.

L’architecture en béton brut, abandonnée ou en ruine, y acquiert une nouvelle existence poétique, car l’immédiateté du geste avec laquelle l’architecture brutaliste se caractérise, ou l’état imminent d’un objet abandonné ou en ruine — qui montre encore les traces de son impact — trouvent dans ce geste pictural de Jean-Jacques Valencak, notamment en ce qui concerne la texture de l’architecture peinte, un « analogon sublimé ». Celui-ci ne souligne pas seulement ce moment autre de l’objet, mais l’explicite, le rend haptique et, finalement, rend compréhensible la texture tactile réelle de la surface architecturale de l’objet peint.

Mais au-delà de cet « analogon sublimé », la singularité picturale avec laquelle l’objet est représenté par Jean-Jacques Valencak peut également être comprise comme une forme de transfiguration, car l’objet ordinaire qu’est l’édifice y est réactualisé dans une forme esthétique supérieure, qui révèle et synthétise, par cette approche, la complexité de la profondeur artistique contenue dans l’objet architectural.

Autrement dit, le titre « Hétérotopies cémentiques » se réfère à un moment précis de « l’espace autre » de l’état de l’objet architectural trouvé. L’artiste « détache » l’objet de sa réalité objective et contextuelle par la création d’un second « espace autre », neutre, afin que l’œuvre architecturale puisse exister à travers ses multiples strates, qui constituent ses singularités intrinsèques.

Elke Mittman, Directrice de la Maison de l'architecture et des Paysages, Centre val-de-Loire

Exposition et nouvelles vitrines à Rodez !

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© Crédit photo Yann Jarrialt

Alep - in situ - JJV - Acrylique sur papier - 2025

© Crédit photo Marie-Claude Cavagnac

En ce moment, mon travail se déploie à Rodez (Aveyron) : entre une exposition à la Galerie Réplique et la réalisation de vitrines en collaboration avec un cabinet d’architectes, je poursuis mon exploration de la peinture comme matière vivante, entre gravité, hasard et architecture contemporaine.

Depuis mes débuts en 1987, j’ai toujours placé les accidents graphiques au cœur de ma peinture. Ce qui échappe à ma volonté – tâche, empreinte, coulure – devient la matière même de mes images. Aujourd’hui encore, je cherche à apprivoiser ces phénomènes pour qu’ils enrichissent ma figuration et révèlent une critique du réel.

À Rodez, dans l’Aveyron, je présente à la Galerie Réplique une série de 27 œuvres consacrées à l’architecture et aux ruines contemporaines. Peintes à l’acrylique noire en lavis verticaux, elles laissent couler le liquide sur la surface.

Gravité et capillarité dictent le rythme : les coulures accidentelles modifient la perspective, échappent à mon contrôle, et viennent révéler une autre dimension du motif.

Ces imprévus deviennent autant de respirations critiques et poétiques.

En parallèle, j’ai travaillé avec l’atelier Tawla, rue de l’Embergue, à Rodez, pour réaliser des vitrines. Passées au blanc de Meudon, elles s’imposent comme un écho négatif aux images déjà produites. Ces surfaces effacées ouvrent un nouveau champ de réflexion sur la mémoire, l’effacement et l’empreinte.

Mon travail est visible à la galerie Réplique, du 4 au 25 octobre 2025, mais aussi sur mon site et sur Instagram.
Je vous invite à découvrir ces séries et à suivre ce cheminement où la peinture affirme, au-delà de ma main, sa propre identité.